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Un métro nommé désir

by Megane Leave a Comment

Pour les parisiens qui n’ont pas la chance de voyager en jet privé ou en uber pour rentrer du boulot, nous voilà condamnés à prendre le douloureux métro. Expérience quotidienne traumatisante. Bruit grinçant des rails, sonneries aigües, portes qui se claquent, jet de bactéries , jacassements, odeurs piquant le nez évoluant au fil des saisons ( sentez le renfermé pour l’hiver, les aisselles ayant bien bossées l’été), oscillation chaud/froid/vent entre deux rames, visions de débris (câbles, souris mortes ou rats vivants, personnes bien alcoolisées rentrant avec le dernier métro) et inondation de publicités. Bref, on en prend pour tous nos sens. Si seulement il n’y avait que ça !

Comme si cela ne suffisait pas, il faut aussi nous coltiner les passagers. La faune qui peuple les métros parisiens à l’heure de pointe est très sauvage. Mieux vaut ne pas trébucher. Ça se bouscule dans les couloirs, ça se pousse pour rentrer et parfois même ça gueule. C’est un lieu de passage où personne n’a envie d’être et ça peut déraper très vite. La dernière fois, un vendredi à 18h30 à la station Châtelet, un jeune homme à casquette a eu le malheur d’être assis sur un strapontin. Il n’avait aucunement le privilège de l’âge pour prétendre s’assoir sur la place du fatigué. On le lui a vivement fait remarquer d’un bêlement “ quand y a du monde, on ne s’assoie pas”. Ce jeune homme était handicapé du genou droit pour être précis. Ça n’a pas fini en baston mais presque. Le grand gaillard qui avait jeté cette phrase de civilité trouvait injustifiable que ce jeune garçon ne souffre pas autant que les autres en étant debout. Une grand mère confortablement installée sur un fauteuil a même balancé un “quel petit emmerdeur” au jeune homme jugé ’faussement’ handicapé. Cela n’a été l’histoire que de quelques stations, mais quand même ça n’a pas vraiment égaillé le voyage des autres passagers qui sont tous allés de leur commentaires. Des scènes comme ça il y en a tous les jours. C’est pour cela que je vous propose un changement de point de vue, pour que ce périple quotidien soit plus agréable.

Déjà, comprenons ce phénomène. Pourquoi nous sentons nous agressés dans le métro ?

Hall a défini le néologisme ‘proxémie’. Ce serait ‘l’ensemble des observations et théories que l’Homme fait de l’espace en tant que produit culturel spécifique’.

Selon cet auteur, il existe 4 types de distances spatiales qui nous séparent des autres individus suivant des modifications sensorielles. La distance publique, sociale, personnelle et intime. La distance personnelle serait en moyenne de 0,45 mètres ( cela varie selon les personnes et les cultures). Il s’agit d’une bulle de protection pour s’isoler des autres, du domaine du privé. Autant vous dire que dans le métro à l’heure de pointe cette distance n’est absolument pas respectée et l’on se sent envahi.

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Pour pallier à cela, il existe plusieurs stratagèmes que certains utilisent déjà à bon escient. La première technique est celle de l’isolement, reformer sa bulle en réduisant son champs de perceptions : par exemple, en mettant des écouteurs pour ne plus entendre les bavardages. Il existe d’autres techniques comme lire un livre ou tout simplement fermer les yeux et se laisser bercer par le rythme du métro.
Les applications présentes sur notre GSM ( seulement pour ceux qui ont une version évoluée) peuvent aussi être utiles pour faire voyager notre attention hors des wagons. Il existe de nombreux jeux, censés nous distraires ( candycrush, Zombie Tsunami), nous instruire ( Memory Brain, se coucher moins bête), ou tout simplement pour détendre ces esprits trop stimulés (Petit Bambou). Cette dernière application, toute jeune, peut permettre appliquée dans le métro de prendre conscience de son niveau d’attention soutenue en milieu hostile.

Bon si toutes ces techniques ne vous aident pas vraiment à lutter contre ce fardeau quotidien, je vous soumet des idées comme ça émises par le huffingtonpost :

faire reculer les envahisseurs’ entendez par là à votre grès simuler une grossesse pour mesdames ou un malaise pour la gente masculine. Vous aurez peut être si vous êtes de bons comédiens le privilège du strapontin.

Prendre la fuite’: opter pour un vélo écolo pour les plus courageux, fuir le métro bondé, marcher en prenant le temps de visiter.

Entamer des échanges’: risquer de s’adresser à un autre humain pour créer ‘un espace collaboratif’ et voir le temps passer plus vite ou plus lentement suivant le choix de la personne.

Sinon, vous pouvez aussi faire un tour sur le site très bien fait de Vincent Garreau. Il répertorie des données vous concernant sur votre transport quotidien. Ces informations du domaine de la sphère privée ( opinions politiques, revenus ou pourcentage hommes femmes pour eux qui veulent faire des rencontres..) vont au delà des simples indications sur le confort de notre voyage ferroviaire.
Vous pourrez savoir : Qui est votre voisin ? Ou avez vous le plus de chance de rencontrer votre âme sœur ? Ou sont ceux qui ne bossent pas ? Qui êtes vous vraiment dans ces moyennes statistiques ? Tout y est référencé grâce à notre cher Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques soucieux de nous connaitre. et à 4 étudiants d’HETIC qui ont organisés toutes ces données de façon ludiques.

Vous avez donc toutes les clés en mains pour passer un moment moins difficile dans votre train train quotidien. Vous pouvez vous détendre, vous instruire, sociabiliser… Ou simplement en apprendre plus sur vos compagnons de route.

Article Huffintonpost

Site de Vincent Garneau

Photos : Skimpy fashions ride the subway in Berlin.

Un petit peu de lecture.

MeganeUn métro nommé désir

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